Mon bureau à la faculté de Tsurumi

•février 8, 2010 • Laisser un commentaire

Avant de me présenter mon bureau, le deuxième jour de mon arrivée dans le service, on s’était déjà excusé de sa taille. Effectivement, ce n’est pas très grand. Avec un plan de travail de 90 cm sur 38, et un espace de 55 cm entre celui-ci et le mur, il y a de quoi se sentir à l’étroit. Et encore, je ne suis pas le plus mal servi, l’accès étant assez simple pour moi, contrairement à d’autres.

Nous sommes six à nous partager l’espace, dont Hisako, Hasebe et Yoko qui font partis de mon service. Il y a deux autres filles dont je ne connais pas grand-chose (elles ne sont pas très bavardes, et moi non plus…). Une bonne moitié de la pièce est occupée par des réfrigérateurs, armoires et cartons, tous rarement utilisés. Il n’y a que le microscope, relié à un ordinateur, qui fait le bonheur de quelques-uns.

Bien qu’à l’étroit, dans un décor pas terrible, il faut reconnaître qu’au final tout y est pour travailler tranquillement. Pas d’ordinateur fourni, mais tout le monde y a le sien, avec souvent une imprimante (elle aussi personnelle). On a tous une (bonne) connexion à internet. Et surtout, chacun a son bureau. Car en France, quand la salle des internes fait 10 mètres carré, c’est pour dix internes (plus les externes, D1, étrangers) qui doivent se partager un ordinateur pour une connexion internet. De plus, on est ici à la faculté, juste à côté de l’hôpital mais suffisamment loin pour ne pas être dérangé toutes les 5 minutes pour diverses raisons, ce qui facilite beaucoup le travail personnel.

Bref, on y est finalement pas trop mal dans nos deux mètres carrés!

Toutou, chat et mode

•février 2, 2010 • 3 commentaires

Ce qui fait bizarre en France, au Japon c’est juste drôle. S’il n’est pas exceptionnel de voir un chien en manteau dans l’hexagone, ici c’est monnaie courante! Et encore, quand je dis manteau, ce n’est pas un tout simple. C’est plutôt du genre un manteau en cuir avec un col en laine, un sweat Starbuck cafe ou du vinyle rouge brillant!

Il n’y a pas autant d’animaux de compagnie qu’en France, mais ils sont archi-chouchoutés. Les chiens ont leur nourriture bien présentée au supermarché, dans des emballages parfait plus soignés que pour nous (j’ai même failli en acheter, mais tous ces chiens sur chaque sachet m’ont mis la puce à l’oreille…), il y a aussi des assurances pour animaux et des kits de survie en cas de séisme, avec des huiles aromatiques pour éviter le stress (bon j’avoue n’en avoir jamais vu). Et au décès du très cher, on peut demander un bijou fait avec ses cendres et de l’argile pour en garder un souvenir (toujours plus jovial que l’empaillement). Autant les manteaux, c’est inutile mais bon c’est pas gênant, autant la poussette pour promener toutou, même si on ne trouve pas ça ridicule, on peut pas trouver ça très pratique… Surtout quand il y a une autre poussette à côté pour sortir le nain (et oui, c’est pas marrant mais faut bien le sortir aussi quand on promène les bêtes). Enfin, ils font ce qu’ils veulent.

Pourquoi sont-ils toujours aussi maternés? Les philosophes d’internet pensent que c’est pour compenser une vie affective, souvent cloîtrée dans la solitude de l’enfer social du Japon… Heureusement, la vie m’a épargné des réflexions trop poussées. En fait je n’en sais rien, ils sont juste gaga avec toutou comme certains en France.

En revanche, il faut reconnaître que les animaux japonais sont très courtois. Il n’y a pas d’aboiements intempestifs dès que l’on s’approche des portails. Les chiens sont plutôt calmes, et les chats aussi, comme toujours. Même les araignées ont la délicatesse d’éviter les logements. Je n’en ai jamais vu une chez moi ni à l’hôpital. J’ai juste eu la visite d’un truc qui ressemble à rien (cf dernière photo). On avait beau être en hiver, il est retourné dehors. Je vais pas payer l’eau de la baignoire pour deux tout de même!

Kamakura, des temples et un big Buddha (ou Daibutsu)

•janvier 28, 2010 • Laisser un commentaire

En discutant des endroits à visiter autour de Yokohama avec Nakatani Hayaki, un jeune médecin du service, on en était arrivé à parler de Kamakura. C’est une vieille ville au sud de Yokohama (et donc de Tokyo), offrant une des rares plages de cette partie du Japon (dont les côtes sont accaparées par les ports). C’était la capitale de l’archipel du temps où le shogun avait le pouvoir, entre 1192 et 1333. Beaucoup de temples y ont alors été construits (on l’appelle d’ailleurs la petite Kyoto), autant shinto que bouddhiste. Mon interlocuteur habite à côté, de même que le docteur Saito Tomoyuki qui, surprenant notre conversation, m’y invite. C’est donc par un beau samedi (le 16 janvier plus exactement) que l’on y a passé l’après-midi, rejoint par Hisako, après une matinée de consultation.

On met une heure en voiture pour y arriver, puis on commence par aller voir le grand Bouddha Amita (ou Amitâbha) au temple Kotoku. Selon la croyance, il est le créateur de la terre pure occidental de la béatitude, et il a promis de n’aller au nirvana qu’une fois que tous les êtres y seraient. Ça va être long s’il veut m’attendre. Ce daibutsu est l’une des plus grandes reproductions de Buddha, en bronze, de plus de 13 mètres de haut. Il était initialement dans un temple qui fut détruit par un tsunami. La statut, elle, n’a pas bougée. On passe par la porte Nio-mon, pour ensuite retrouver l’allée qui amène à l’imposante statut. On y retrouve les signes distinctifs de Bouddha, dont le byakugo (spirale entre les sourcils, qui éclaire les peuples). On peut aussi visiter l’intérieur de ce bouddha!

On traverse un peu la ville à pied pour rejoindre le temple bouddhiste Hase-Dera. Il a été fondé en 736, après qu’une statut en bois de Kannon, la déesse de la miséricorde, ait été retrouvée sur la plage de Nagai (on l’avait mise à la mer, en faisant la prière de protéger les gens où elle réapparaîtrait). Ce temple est là pour l’honorer. On y trouve plein de petites statuettes représentant les morts-nés, autour de Ksitigarbha (ou Jizô), l’un des grands bodhisattvas, chargé de sauver les êtres de la souffrance. Il y a quelques beaux plans d’eau, et la balade y est très agréable.

On a ensuite visité le Tsurugaoka Hachiman-gū qui est le sanctuaire shinto le plus important de Kamakura. Construit en 1063, il est dédié à Hachiman Daimyôjin. On y reste un bon moment, et on en profite pour acheter une « carte de prémonition« . Si on ne l’aime pas trop, on peut l’accrocher sur l’un des fils prévu à cet effet pour conjurer la prémonition. Pratique! Je repars aussi avec un porte-bonheur. Il y en a de plusieurs sortes (amour, chance, pas d’accident en voiture…) et il y a une longue file d’attente pour en acheter. En quittant les lieux, on passe sous une grande porte, puis on emprunte un long chemin bordé de cerisiers, où sont accrochés des lanternes.

Bref, une belle journée de balade, avec des collègues toujours aussi charmants, que l’on termine dans un restaurant italien. Enfin, italien à la japonaise, avec des petits plats que l’on se partage. Et pour prouver que je fais des efforts gastronomiques, je vous mets une photo de l’un de mes plats : une assiette de riz avec une sauce à l’encre de calamar. Pas si mauvais, mais ça colore les lèvres…

Nakano, des transformers sur Boadway

•janvier 26, 2010 • Laisser un commentaire

À force de vouloir trop en faire – thèse, notes de stages, voir la culture japonaise – j’ai complètement décaler mon sommeil courant décembre. Les couchers à deux-trois heures et réveils difficiles se sont fait de plus en plus pressant. C’est pas que je l’ai pas fait à maintes reprises, mais en fait ça m’énerve de plus en plus. J’ai l’impression de pas trop profiter de mes journées, surtout quand je ne travaille pas. Du coup, après un dodo à cinq heures, puis à sept, je me suis fait une nuit blanche. En même temps vu l’heure à laquelle je me suis réveillé le matin même, c’était pas trop dur! C’est bon, maintenant je repars du bon pied. Ce samedi va enfin pouvoir être utilisé convenablement, et je vais pouvoir profiter enfin pleinement de la douce lumière du matin.

Ensuite j’ai pu repartir dans ma recherche du Graal, enfin d’un magasin d’appareils photo pas trop cher, pour laquelle il me restait à faire deux boutiques à Nakano. C’est un quartier de Tokyo moins connu que les précédents, plutôt résidentiel, qui contient à la sortie nord de la station de métro éponyme une longue (longue) rue commerçante, couverte, appelée Nakano Broadway. Il y a beaucoup de commerces, de restaurants. Au sous-sol, le « Petit Paris » vous accueille avec d’autres boutiques de vêtements, à côté de la zone alimentaire.

Au premier étage se trouve Mandarake, apparemment la plus grande boutique de manga de Tokyo. Effectivement, ce magasin est divisé en plusieurs parties, dont chacune à un thème particulier. Les vidéos (animés, dans des coffrets bien plus sympa qu’en France, mais bizarrement encore plus cher), les livres (mangas), les figurines neuves, les figurines d’occasion (j’y ai retrouvé plein de modèles que j’avais enfant, énorme le transformers triceratops!!), les jeux vidéos neufs et d’occasion (game gear, pc engine portable, super famicom… tout), les figurines. Bref c’est vrai que c’est bien grand. De quoi ravir les fans à n’en plus pouvoir. Et en guest star, le pistolet d’or en réplique 1:1 du fameux ennemi de James Bond!!!

Le mieux est tout de même à l’extérieur. La multitude de bars et restaurants font flotter dans l’air de magnifiques odeurs de nourriture. C’est très appétissant. Ci et là sortent des amis, une mère avec son fils, des collègues de bureaux, avec souvent l’un d’eux plus éméché que les autres. Ici Bob, c’est celui qui conduit pas et qui marche pas tout seul non plus! L’ambiance est sereine.

Je trouve enfin mes magasins. Nitto camera pour commencer, qui présente surtout des modèles moyens formats et des petits formats argentiques. C’est surtout Fujiya camera qui retient mon attention. Encore moins cher que les vendeurs pas cher du Japon, avec des occasions! Et dans toutes les marques. Avec le budget que j’ai investi, j’aurai pu prendre la gamme au-dessus. J’en déprimerai presque. Cela aurait été de l’occasion (quasiment neuve tout de même), avec une garantie limitée, mais ça fait drôle quand même. Bon je me console en me disant que je suis déjà content comme ça, et puis je m’amuse déjà depuis près d’un mois et demi avec mon joujou. Ça valait le coup de ne pas attendre!

Il y a tout de même des choses dont j’ai besoin. Pour le travail déjà, un objectif macro en 100mm et un flash annulaire, pour un prix plus doux qu’ailleurs. Et pour le plaisir ensuite, avec plusieurs fisheye exposés. Je verrai bien ce que mon porte monnaie me propose.

Ebisu, entre boutiques de mode et musée de la bière

•janvier 20, 2010 • 2 commentaires

Ebisu est un quartier de Tokyo, proche de Shibuya, qui est loin d’être aussi réputé que les incontournables touristiques Ginza ou Akihabara. Cependant, après avoir su qu’il s’y trouve pas mal de boutiques de mode, je m’y suis rendu pour la première fois afin d’y faire du shopping.

Effectivement, sur le côté ouest de la gare, après quelques minutes de marche, on rencontre pas mal de magasins de vêtements ou de sacs, ainsi qu’un peu de vaissellerie et du mobilier. Chemin faisant, je rencontre un employé déguisé en ours rose qui danse devant une enseigne que je ne comprends pas. Il y a des gars en blouse blanche à l’intérieur, mais je n’en sais pas plus. Ours rose danse donc, mais c’est laborieux. Je ne sais pas depuis combien de temps il le fait, mais j’espère que c’est bientôt fini parce que là, ça ressemble à un papi arthrosique qui imite Claude François sur Alexandrie Alexandra. Ça m’étonnerai qu’on trouve quelqu’un pour faire ça en France, mais au Japon c’est assez courant. Cela rentre dans le cadre des publicités locales au même titre que les distributeurs de mouchoirs et les mermaids.

Plus loin, dans le sous-quartier de daikanyama, il y a vraiment de très belles choses et j’en connaît plusieurs qui seraient folles au bout de dix minutes de marche (même si c’est pas possible de marcher dix minutes sans s’arrêter). Les grandes marques ne sont pas du tout présentes, il s’agit plutôt de magasins indépendants présentant des produits de créateurs moins connus (enfin, je retrouve quand même plusieurs marques déjà vu dans le même genre d’endroit à Lille ou Paris, ça reste du prêt-à-porté quand même). On trouve les boutiques surtout dans les rues principales, voire dans des galeries, mais on en trouve aussi d’autres entre celles-ci, parfois bien cachées au sous-sol ou à l’étage. Il faut vraiment chercher pour trouver son bonheur dans ces petites boutiques, plutôt intimes parfois, où le service est serviable sans être étouffant.

Je fais pas mal de marchants, et après une bonne heure je retourne chez l’un des premiers : nocturne. La commerçante est sympa, parle anglais et un peu français (la musique en cours est un album de Vanessa Paradis). Elle me demande (comme une autre) si c’est pour offrir… (non, non, c’est que des fringues pour femmes mais c’est pour moi! Mon copain aime bien… enfin voyons oui c’est pour offrir!!!) Elle m’autorise gentiment à prendre une photo de l’intérieur.

Il se fait tard et je rentre. Je reviendrai une autre fois pour visiter le coin. Il y a en effet le musée métropolitain de la photographie et le musée de la bière Yébisu, bien plus qu’il l’en faut pour y refaire un tour!

Nagano, un week end de ski (3ème jour/3)

•janvier 14, 2010 • Laisser un commentaire

Réveil plus difficile pour ce dernier jour à la montagne. On part un peu avant neuf heures, après un petit-déjeuner aussi consistant que la veille. On a plus de chance ce lundi, le soleil est bien au rendez-vous.

On change de domaine, pour celui de Hakuba Happo-One, plus petit mais plus difficile que la veille. Les pistes pour le saut en longueur, utilisées pour les Jeux Olympiques, sont juste à côté. Le stand de location est lui aussi plus petit, et ne possède que des chaussures roses pour ma pointure. Super, ça ira avec mes batons qui ont aussi un manche rose… Et ils n’ont pas de lunettes en location, ce qui finalement ne sera pas trop grave.

On ski bien, sur de pistes pleines de poudreuse grâce au temps de la veille. Comme d’habitude, on fait une halte dans un restaurant pour une petite mousse. A côté, on profite d’être au sommet pour apprécier le paysage, comme beaucoup de monde à cet endroit. Il y a une pierre gravée et un monument un peu plus loin. Il y a un type en jaune qui prend des photos d’un ami de l’autre côté du sommet, avec un bon gros objectif (en cliquant sur la photo, vous verrez un petit point noir sur la cime, avec au premier plan le photographe qui lui fait signe de prendre la pose). Ishii en profite pour se faire mettre à terre par Tachi. La neige n’a pas l’air d’avoir bon goût!

Ensuite on se remet en route. Je m’arrête au niveau du Professeur Hamada. Il me dit que je suis un « challenger », car c’est la piste la plus difficile du domaine. Effectivement, il y avait deux chemins… Je ne fais pas machine arrière, je ne voulais pas le décevoir. Mes voutes plantaires ne seront plus jamais les mêmes… On repart vers 13 heures pour le chalet afin de récupérer nos affaires, puis on se quitte chacun de son côté.

Je fais de nouveau la route avec Ishi, Tachi et Guchi (Yamaguchi Kenichi). On commence le voyage par un steak dans un restaurant d’une chaîne japonaise, et on le termine par des ramens dans un petit restau de Tsurumi.

Bon, je ne m’éternise pas sur cette dernière journée, j’en ai déjà dit beaucoup avant. La seule différence, c’est l’état de mes pieds. En tout cas, je suis bien content d’avoir été invité. Monsieur Hamada m’a déjà prévenu que l’année prochaine, je devrai venir directement de France.

Nagano, un week end de ski (2ème jour/3)

•janvier 13, 2010 • Laisser un commentaire

Réveil pas trop dur pour ce deuxième jour. On prend le petit-déjeuner vers 7h30, et je rencontre par la même occasion trois dentistes qui nous accompagnent pour la suite du séjour. Ce sont des amis de Guchi, qui travaillent dans un hôpital de Yokohama. Il y a deux garçons (dont un complètement décalqué, qui ne doit pas être du matin) et une fille. Après les présentations, on s’occupe alors du petit-déjeuner qui est bien consistant, avec de la salade, une omelette, du pain avec du beurre et de la confiture, du bacon, du jus de fruit et du café (trop léger). On se met en route une bonne demie heure plus tard pour Hakuba 47.

Sur place, le Professeur Hamada nous a rejoint. Nous sommes donc huit, dont cinq en skis, et trois en snowboard (les trois dentistes de Yokohama). Cela reflète plutôt la tendance générale, car il y a quasiment autant de snowboardeurs que de skieurs sur les pistes. On reste cool le matin, en faisant plusieurs fois la même descente tranquille, puis on s’installe vers 11h30 dans un restaurant. On y reste un bon moment, deux ou trois heures, et j’y prends du riz au curry avec une bonne mousse. On partagera après deux énormes saucisses qui doivent faire un mètre chacune.

Puis c’est reparti pour un tour, plus sérieux jusque 16 heures, car les pistes ferment. Ce jour, on a eu moins de chance avec le temps qui était couvert, avec quelques rafales de vents. On a eu bien froid par moment. On a cependant bien profité de l’après-midi. En haut d’une remontée mécanique, on a droit à une œuvre étonnante avec un alien et un prédator, enguirlandés.

Après un court retour au chalet, on se remet en route pour un onsen. Celui-ci est vraiment typique, avec une architecture traditionnelle. Après les vestiaires, on arrive dans la salle de douche, où tout le monde se lave devant un miroir, avec un petit bain au milieu qui ne sert que pour la sortie. Une fois tout propre, on passe dans le bain thermal par une porte coulissante. Celui-ci est couvert, tout en bois. Je comprends pourquoi dans les manga, on voit souvent les Japonais avec la serviette sur la tête dans les bains : il n’y a pas de meubles pour les poser. J’avance donc dans l’eau chaude avec ma serviette en guise de haut de forme. Je finis tout de même par la poser sur un coin, comme quelques autres. C’est très relaxant. Ça ne plairait pas à tout le monde, parce qu’on est à poil et l’humidité ambiante donne une odeur particulière, mais personnellement j’y étais bien. On ne reste pas très longtemps, une demie heure tout au plus. En sortant, on se rince avec l’eau du petit bain, dans la première pièce.

De retour au chalet pour manger, puis on s’installe dans notre chambre. On y prend le pack de bière Asahi que monsieur Hamada a ramené, ainsi que le Chablis et le « Champagne » acheté sur la route (en fait, c’est un crèment du Limoux…). L’ambiance est très festive. On parle beaucoup et je prends beaucoup de plaisir à les connaître. Le Professeur Hamada est très accessible comme d’habitude. Bref, une bonne soirée, toujours autour du kotatsu.

Nagano, un week end de ski (1er jour/3)

•janvier 12, 2010 • Un commentaire

Il y a une dizaine de jours, en passant dans l’unité d’hospitalisation vers 20h (où deux patients étaient pris en charge pour une urgence), je retrouvais le Professeur Hamada. Á cette occasion, il me rappela que le week end suivant était prolongé car le deuxième lundi de janvier est férié. C’est le Seijin no Hi : le jour de l’accession à la majorité. Du coup, plusieurs personnes du service en profite pour faire du ski du côté de Nagano (qui a accueillis les JO en 1998), où vivent les parents de l’un des internes. Il m’invite alors à me joindre à eux.

J’ai rendez-vous avec trois internes du service devant l’hôpital, à six heures du matin. Vu la difficulté avec laquelle j’ai à me réveiller en ce moment, je décide de ne pas dormir. J’ai largement de quoi m’occuper de toute façon. Je me mets en route à cinq heures et demie, pour rejoindre Ishii, Guchi et Tachi (les deux derniers noms ne sont pas complets, mais ils me demandent de les appeler ainsi pour plus de facilité). On prend ensuite la route dans une belle Audi Quattro, qui permet de faire confortablement les cinq heures de trajet, malgré le matériel. On s’arrête plusieurs fois sur la route, notamment à une station où je me prends un petit café. La machine diffuse en direct la création du café sur un petit écran. Énorme.

On arrive à Hakuba vers 11 heures. Il s’agit d’une petite ville de la préfecture de Nagano, à l’ouest de la ville Nagano. J’ai bien dormi sur la route. On s’installe dans un petit chalet, le Tea Pot, juste à côté de la maison des parents de Tachi (Tachibana Ryusuke). Après une petite sieste, on part déjeuner. Au restaurant, je me prends une tempura, qui est un plat très populaire du Japon. Il s’agit de nouilles dans un bouillon, avec surtout des beignets de crevettes et légumes. Bien bon, surtout avec une bonne mousse. Á côté, une mère déjeune avec son fils qui bouge dans tous les sens et n’arrête pas de me regarder. Il se fige juste quand je prends une photo de lui, ce qui fait rire tout le monde. Au moment de partir, je ne peux pas payer car c’est déjà fait, comme se sera souvent le cas durant ce week end.

De retour au chalet, on se prépare pour les pistes. On va à Hakuba 47, une partie du domaine de Hakuba. Je loue des skis, avec chaussures et combinaison ainsi que des lunettes. Je dois acheter les gants. C’est plutôt cher, mais comme le ski d’habitude. 5200¥ (40€) pour la demi-journée de location et 49000¥ (37€) pour les gants. Et c’est parti! Bon, mon niveau n’est pas terrible, je n’ai fais que deux semaines de ski dans ma vie, mais ça ne s’est pas trop mal passé. Je ne les ai pas trop ralentis. Ils m’attendaient gentiment à chaque virage. Après une petite bière en extérieur (on a eu un beau samedi), on rentre au chaud.

De retour, on se prend un petit apéritif avant de prendre le repas au rez-de-chaussée. Le maître du chalet nous a préparé un bon steak, bien sûr servi avec la soupe, le riz et les légumes. On part ensuite chacun son tour au « onsen« , le bain japonais. Il s’agit ici d’un petit onsen, pas vraiment du traditionnel bain thermal. Il n’y en a qu’un dans l’hôtel et chacun prends bien son temps pour y aller. En fait, c’est une grande baignoire, assez chaude. L’eau est commune, on ne la change pas entre chaque passage, mais on se lave complètement avant. Installé devant un miroir, assis sur une petite bassine retournée, on se nettoie avec une douche,  puis on entre dans le bain où on a vraiment beaucoup de place. C’est très agréable et relaxant.

Pendant ce temps, ceux qui sont dans l’appartement discutent, les pieds sous le kotatsu. C’est une table basse chauffante, où on placent les pieds en les recouvrant d’une couverture. On installe ensuite les futons avant de se coucher, pas trop tard.

Cette première journée se passe rapidement, mais elle m’a permis de connaître mieux ces internes de mon département. Ils ont été très chouette avec moi. De plus, j’ai aussi pu découvrir certaines choses que je ne connaissais que sur le papier, c’est-à-dire la tempura et le onsen, qui valent le coup si vous passez au Japon. Quand au kotatsu, il trouvera surement un jour une place chez moi, en France!

Bloc opératoire, chaussettes et twistter

•janvier 7, 2010 • Laisser un commentaire

Pour commencer une série de billets sur les différentes unités de l’hôpital de Tsurumi, je vais parler du bloc opératoire, le lieu de tous les plaisirs pour les chirurgiens. J’aborderai plus tard, et surtout quand j’en aurai bien cerné le fonctionnement, le reste de mon lieu de travail. Je ne parlerai que du bloc du premier département de chirurgie maxillo-faciale. Le second département en possédant un autre, apparemment utilisé quatre jours par semaines (dont deux par un ophtalmologue).

Le bloc de mon département est opérationnel deux jours par semaine – les mercredis et vendredis – et deux salles sont disponibles. On commence plus tard qu’en France, vers 9h pour les chirurgiens, ce qui correspond aussi au début des consultations, le point de départ de la journée étant le mot du chef en consultation, vers 8h40.

Le bloc est juste à côté de l’unité d’hospitalisation, ce qui permet que le patient arrive en salle de transfert rapidement (et cela évite de perdre du temps car les ascenseurs sont encore en pannes…). On transfert le patient en salle d’opération, avec une serviette sur les yeux s’il le désir, et on l’installe pour l’intervention.

Côté chirurgiens, en entrant on dépose d’abord ses chaussures dans une première pièce (dans un meuble ouvert, ici il n’y a pas de vol…). On est ensuite dans les vestiaires, avec une télé branché sur la caméra du scialytique en salle 1 et des chaises en face, des casiers à clefs (petits, mais pour tout le monde) et les habits de bloc (suffisamment!, avec code couleur) – les chaussettes en plus. Bon, c’est pas des Burlington, elles sont justes blanches, mais douces et chaudes. Puis des sabots sont à disposition (modèles étudiant et titulaire).

Une fois le premier patient prêt, l’équipe d’anesthésie installe le patient suivant dans la deuxième salle, vers 9h30. Il y a en général un seul anesthésiste pour les deux salles, accompagné des trois ou quatre internes d’anesthésie, qui ont tous un cursus dentaire. Et oui, au Japon les étudiants en faculté dentaire peuvent non seulement faire de la chirurgie maxillo-faciale, mais aussi de l’anesthésie. J’aimerai voir la tête de ces imbéciles qui pensent être supérieur au dentiste, car dix ans auparavant ils sont arrivés mieux classé à un pauvre examen, devant ces internes qui intubent, posent des voies, pendant que les autres font une ostéotomie ou un lambeau microvascularisé. Et bien entendu, s’ils le faisaient mal, ce système n’existerai plus (on est au Japon, on fait pas n’importe quoi ici!). Et ils peuvent faire aussi d’autres choses par ailleurs, mais j’y reviendrai quand j’en saurai plus sur leurs études.

Pour revenir au sujet du jour, l’installation de la table d’opération est faite par un interne qui sera instrumentiste pour l’intervention. Un peu rude je trouve, il ne verra pas grand chose car une table est toujours placée entre lui et l’opérateur ou l’aide opératoire, ce qui le situe trop loin pour pouvoir suivre correctement ce qui se passe. C’est un peu dommage, et là encore on se rend compte que l’on a pas si peu de moyen en France. Ici, il n’y a que deux ou trois infirmières de bloc opératoire. Avant de commencer – « greating culture » oblige – on se souhaite un onegai shimass(u), après une confirmation orale et consignée des opérateurs, aides, anesthésistes, type d’intervention (et côté…). Il y a comme chez nous le petit lot d’étudiants qui découvre le bloc (ils y ont droit en cinquième année). L’ambiance est sérieuse, tout en étant franchement décontractée. Je ne vais pas me complaire dans des explications culturelles, mais les chirurgiens ne gueulent ni n’insultent et pourtant tout le monde travail bien. Par ailleurs, l’entente est cordial entre chirurgiens et anesthésistes, sans reproche concernant des retards (bon, en même temps il n’y en a pas, et tout le monde est opéré alors forcément) ni d’exaspération car le bloc est long (10 – 12 heures parfois). Je dirai bien que c’est parce qu’ils font les mêmes études et donc se connaissent, mais en fait c’est pareil en France alors que les rapports peuvent y être… fluctuants!

Au programme : dents incluses, kystes des maxillaires, ostéotomies, ATM, fractures de mandibules, cancérologie… mais pas de fente (mais des maxillo venant de l’école dentaire en font dans d’autres hôpitaux) ni d’esthétique. La vision de la prise en charge n’est pas très différente qu’en France, hormis le temps des consultations qui doit bien être le double. Les techniques sont cependant parfois différentes de celles employées à Lille.

Par exemple pour les ostéotomies, les indications ont toujours été des sagittales de reculs depuis que je suis arrivé (c’est-à-dire reculer la mâchoire du bas pour l’accorder avec celle du haut). Bien sur, cela correspond au type morphologique des Japonais. Et la technique utilisée est celle de DalPont : modifiant la technique d’Obwegeser, le trait médial de l’ostéotomie passe au-dessus de la lingula sans aller jusqu’au rebord postérieur, ensuite on prolonge le trait sur la ligne oblique externe avant de faire le trait latéral (qui est assez postérieur). L’ostéotomie est complétée au ciseau, puis la synthèse est faite par plaque vissée. Technique sympathique réalisée en une heure.

Le cas ne s’est pas présenté, mais le contact entre les deux fragments ne paraît pas suffisant pour une ostéotomie sagittale d’avancée, plus courante chez nous. J’ai fait bondir les jeunes en leurs expliquant la technique que l’on utilise chez nous. Globalement, quand on doit couper quelque chose en faisant attention à un élément noble, il y a deux stratégies : soit on passe au loin comme ici, soit on va chercher cet élément pour le contrôler. Vu qu’on utilise la technique d’Epker, on est dans le deuxième cas. Le nerf alvéolaire inférieur est libéré au moment de l’ostéotomie. C’est tout beau, j’adore, mais ça fait bizarre à ceux qui ne connaissent pas.

Côté matériel, c’est comme chez nous, en moins cher. Le fil est non sertie. On utilise du fil non résorbable pour la muqueuse (enlevé sous six ou sept jours). Le moteur est électrique (les pauvres). Je ne parle pas de l’appareil de l’anesthésiste. Pour autant, tout se passe bien. Ça fait réfléchir. Ils ont d’un autre côté quelques instruments sympa, comme le twistter (sert-fil qui fait les torons facilement à l’aide d’un pivot central qui fait tourner les deux morts en tirant dessus – bon, c’est peut-être plus compréhensible sur la photo…). Ils ont aussi des écarteurs avec un tube pour passer une lumière froide et un autre pour l’aspiration (pratique pour l’abord de l’angle et la branche montante de mandibule). En ce qui concerne les caméras, il y a de bons gros objectifs Canon macro sur les gros scialytiques des deux blocs, plus un autre sur bras articulé en salle une, plus une dernière caméra liée au microscope.

Bon je ne vais pas m’éterniser sur les détails techniques, il n’y a pas que des chirurgiens qui lisent ces lignes. Si certaines choses vous manquent en particulier, demandez-moi il y a tellement de choses à dire que j’en oublie.

Pour finir, les réveils sont rarement agités. On réveille en salle d’opération, car ensuite c’est la salle de transfert (où le patient récupère son beau petit peignoir) puis la chambre. Il n’y a pas de salle de réveil. Il y a en revanche une salle pour la surveillance rapprochée, pour les patients bénéficiant de chirurgie lourde (essentiellement la cancérologie).

Voilà pour cette petite présentation. N’ésitez pas à me poser des questions suite à cet article si vous voulez plus de détails. A la prochaine.

Empereur au balcon, photos pour Tison

•janvier 5, 2010 • Un commentaire

Ça y est! Grâce à Mami qui m’a donné les heures d’ouverture du palais impérial, j’ai enfin pu faire coucou au représentant symbolique du peuple japonais le deux janvier. Et effectivement les portes se ferment à 14h20… du coup en arrivant après quinze heures le vingt-trois décembre, je n’avais pas trop de chance de le voir! Ce jour, il va venir saluer la foule cinq fois.

Je me mets en route avec une petite marge pour voir sa dernière apparition. La ligne de métro est directe entre les stations Tsurumi et Tokyo. Pour une fois, il y a une panne et ma rame s’arrête à deux stations de mon arrivée. C’est pas trop loin, donc je continue à pied, en courant car pour le coup ça devient juste. J’arrive devant les contrôles dix bonnes minutes en avance.

Le complexe du palais impérial, ou kôkyo (résidence de l’empereur), est composé de trois parties séparées par des douves. Elles datent du palais Edo, ancien château shogun. La plus grande partie occupe toute la partie ouest, avec le palais lui-même – ou kyûden (palais impérial) – avec l’agence de la maison impériale à côté (où est géré tout ce qui concerne la famille impériale : santé, service, déplacements…), le parc du palais impérial (fukiage), et au nord le jardin Kitanomaru, qui abrite le musée des sciences et le musée national d’art moderne. La deuxième partie est le jardin est, ou higashi gyoen. La partie du palais et de son parc est fermée au public, sauf le 2 janvier (pour les vœux de l’empereur) et le 23 décembre (pour l’anniversaire de l’empereur actuel). Les visites sont possibles, sur demande par téléphone.

On arrive par la troisième partie, le jardin extérieur de kokyo (le kôkyogaien), partie sud-est du site qui sert d’avant-cour. C’est bondé de policiers. Il y en a d’abord pour réguler le flux des arrivants, et calmer les pressés en leur demandant de continuer en marchant. Ensuite, il y a les tentes des différents contrôles. Le premier pour demander de jeter les bouteilles. Le deuxième pour fouiller les sacs. Et enfin le dernier pour détecter les métaux et nous palper. À ce moment, le policier a bloqué en toucher un gros bazar cylindrique dans ma poche gauche. Ce n’était pas une arme de destruction massive, mais juste mon téléobjectif 50-200mm qui ne rentrait pas dans ma sacoche (contenant déjà mon 18-55 et le tout nouveau fisheye).

On peut ensuite continuer sa route et passer un beau pont à deux arches qui amène à la porte marquant le domaine du palais (porte sei). On continue un long chemin en boucle pour retrouver un nouveau pont, le nijubashi, parallèle au premier mais plus en hauteur, qui donne sur une nouvelle porte. L’architecture est soignée.

Le palais impérial s’offre alors à nous. Devant un balcon fermé par une vitre blindée, vient après quelques minutes l’empereur Akihito accompagné de sa femme, l’impératrice Michiko, le prince héritier Naruhito de Hiro (son fils aîné), le prince impérial Fumihito d’Aya (son second fils) et de leurs femmes.

Parenthèse politique. L’empereur n’est désormais plus que le symbole du peuple. Le système politique est passé de la monarchie absolue à une pseudo monarchie constitutionnelle (parfois même classée démocratie parlementaire) avec un parlement bicaméral (la diète), après la défaite de la seconde guerre mondiale. Le maitre du trône de chrysanthème a en même temps du renoncer à son caractère de droit divin, lors de la constitution de 1946, sous l’occupation américaine. Le pouvoir législatif, la diète, se compose de la chambre des représentants (l’équivalent de notre parlement) et de la chambre des conseillés (un peu notre sénat), avec un suffrage universel direct pour les deux. En pratique, la majorité de la chambre des représentants nomme le premier ministre, qui est ensuite accrédité par l’empereur. Le premier ministre forme le cabinet (avec une majorité de ministres devant venir de la diète), détenteur du pouvoir exécutif. Le diète peut adopter une motion de censure, et le premier ministre peut dissoudre la chambre des représentants. Il n’y a donc pas un chef d’État élu par le peuple, comme en France, qui installe le pouvoir exécutif, séparé d’un pouvoir législatif par deux autres élections. Le parti démocrate du Japon a gagné les dernières élections, après plus de 50 ans de suprématie (presque continue) du parti libéral démocrate (plus conservateur), suite à une succession de démissions lors de la crise économique.

Parenthèse impériale. L’empereur actuel (qui sera appelé empereur Heisei, ou Heisei Tennô, nom de règne donnée de façon posthume) est le premier à avoir été élevé par ses parents (dont feu le très aimé empereur Hirohito, nommé désormais Shôwa Tennô)

Les fils de l’empereur ont reçu leurs prénoms et noms de complaisance à leur septième jour, selon la tradition. Ils sont donnés en référence à un passage d’un classique chinois (Confucius pour eux deux). Hiro signifie grand, et Naru moralité, pour reprendre le passage : « Appelle-le ciel, tellement il est vaste ! Qui peut comprendre cela, si ce n’est celui qui est rapide en appréhension, clair dans son discernement, d’une intelligence largement hors de portée et d’une connaissance universelle, possédant toute la vertu céleste ? ». Aya signifie bienséance et Fumi littérature, pour reprendre : « L’homme bon étudie les lettres intensément et observe les rites, sans quoi il s’égare ».

Le prince Naruhito est le premier héritier présomptif du trône à avoir un diplôme universitaire, en l’occurrence une maîtrise d’histoire. Il aura aussi ensuite un Doctorat honoris causa en droit lui est décerné en décembre 1991 par l’université d’Oxford.

Le prince Fumihito a lui préféré l’ornithologie, avec notamment une thèse sur : « Phylogénie moléculaire de la volaille de jungle, le genre Gallus et l’origine monophylétique des volailles domestiques ». (Voilà pour faire court sur leurs parcours. Attention, source de wikipedia…)

Retour aux vœux! Après un court discours – souhaitant la bonne année, ainsi que le bonheur et la paix dans le monde, et promouvant l’entre-aide pour faire face aux problèmes économiques des citoyens (selon la presse française) – la foule crie « banzai », longue vie, en agitant son drapeau japonais. Les petits y vont de bon cœur. C’est toujours impressionnant une foule qui s’enflamme, surtout quand elle était calme dix secondes auparavant. Il y aura plus de 47 000 personnes à se présenter devant lui ce jour.

En quittant la place, après le départ de l’empereur, la foule reste calme, gentiment orientée par les policiers. Ces derniers ferment la marche et leur nombre apparaît alors encore plus impressionnant. Pour autant, aucun ne joue les cowboy. Et quand quelqu’un souhaite poser pour une photo à leur côté, ils demandent calmement de se remettre en marche. Ils sont minces, propres sur eux et prévenant. Pour autant, il n’y a aucun débordement ni de mauvaise humeur affichée. Comme quoi, faire les gros bras n’est pas nécessaire pour imposer le respect.

A la sortie, des personnes récupèrent les drapeaux afin qu’ils ne finissent pas par terre. Je prends le chemin qui longe le parc du palais impérial (sans vraiment le voir), jusqu’au jardin Kitanomaru. Mais celui-ci, ainsi que le jardin est, sont fermés pour l’occasion.

Je continue tranquillement le long de ce dernier avant de m’installer sur une terrasse où de beaux jets d’eau décorent une chouette petite place.

Il se fait tard et je finis de remplir ma seconde carte mémoire de mon appareil photo, que j’ai bien fait d’acheter deux jours auparavant.

Encore une journée de marche, où j’ai pu découvrir un peu plus la charmante culture japonaise.