Vendredi 13 Novembre. 5 heures. Le réveil sonne bien fort comme souhaité. Chouette, c’est pas ChérieFM. Marianne n’a pas encore du remarquer que j’ai changé la station et tant mieux, j’aime pas trop cette radio le matin.
Je reste un peu allongé. J’attends.
Deuxième réveil. Celui de mon portable, que j’éteins de suite (la trompette militaire c’est très efficace, mais c’est drôle juste un moment).
J’attends.
Maman m’appelle. Oui, je suis réveillé.
Cette fois, je me lève. Mes habits m’attendent sur le bureau. Dernière vérification des valises. Zut, elles ont pris 3-4 kilos dans la nuit… Ça fais juste 20 kilos pour l’une, du coup je translate la pochette de DVD dans l’autre. Cette fois, c’est bon. Pour le bagage de cabine c’est limite aussi mais ça devrai passer. Au pire je mettrai mon parapluie dans la petite valise.
Maman sonne. Déjà! Je descends de suite une valise et lui ouvre. Marianne m’aide à descendre le reste des « cadeaux » laissés à maman. Elles se voient pour la première fois. J’aurai préféré avant mais mieux vaux tard que jamais. En haut, de retour pour prendre mon dernier bagage, ce sont les au revoir avec ma douce. Ça va faire long sans elle.
C’est parti pour Lille Europe, très calme à cette heure, où je prends un TGV duplex peu rempli. Ma mère, décidément toujours là pour moi, me souhaite bon voyage. Dans le TGV… rien. Tout le monde dort. Puis on arrive au béton de Roissy, où une navette automatique joint le terminal 1. C’est pas très beau. Seuls les escalators qui se croisent dans le puits central donnent un peu de reliefs. Je peux m’enregistrer.
7h45 : j’attends 10h. Un double expresso et un croissant. Un coup de fil de Capinghem (enfin 3-4 en tout) pour être sur que ça va et avoir un mot de mes frère et sœur. Ça va : oui! Enfin… mes papiers sont là et mes bagages aussi, mais elles sont un peu trop pour Swiss Air. Je ne peux en avoir qu’une en soute! Qu’est ce que je laisse? Les pulls, il va faire froid! Les sous-vêtements, et si je veux en changer! Les pantalons… c’est bon je peux déposer les 2, mais j’ai un supplément de charge gentiment descendu à 3 kilos. Être sympa avec les inconnus ça peut aider. -150 € pour bibi quand même. Bon, ça pourrai être pire, et je les réparti mentalement sur 6 mois pour faire passer la pilule.
9h20. Je rejoins la porte d’embarquement 77, puis on s’installe un peu plus tard sous de beaux sourires. J’ai de la chance, je suis côté hublot juste derrière la porte de secours, du coup j’ai toute la place pour étaler mes jambes. L’avion s’avance sur le tarmac, et là le couperet tombe : le commandant nous souhaite la bienvenue… il ne conduit pas? Et ben non, c’est la co-pilote qui s’en charge! J’ai envi de boire. Je regarde l’aile gauche au cours du décollage. A peine l’avion bouge qu’elle ballotte comme une mèche de cheveux au vent. Comment ça fait pour tenir le coup en vol? On verra!
C’est parti. J’aime l’accélération au démarrage. C’est seulement juste après au moment où on a l’impression que l’avion décélère et que l’on se sent en apesanteur que j’ai des doutes sur la durée du voyage. Je lis un supplément du Monde sur le Japon puis le service croissant-boisson passe. « Du jus d’orange s’il vous plait ». L’hôtesse ne comprend pas. « Juice please ». Elle hoche la tête, cette fois c’est bon. Elle me tend un verre d’eau gazeuse… tant pis.
Arrivée à Zurich. C’est beaucoup plus beau : sol effet marbre, beaucoup de boutiques de quasi-luxe, grands bars qui présentent bien. On trouve du champagne duty free plus cher qu’à Carrefour. J’attends peu de temps, on est arrivée en retard et on embarque à 12h20 (heureusement que je n’avait pas pris l’avion précédent pour avoir une escale plus courte, c’eût était vraiment juste). On rejoins le terminal via une navette automatique comme en France, mais avec un personnel qui nous gare devant les portes en attendant qu’elle arrive (avec un compte à rebours au dessus de nos têtes). C’est quand même plus classe ici. Devant la porte d’embarquement E46, la proportion d’asiatique augmente d’un coup. Je risque de pas beaucoup parler lors du voyage.
De nouveaux sourires, puis on s’installe. Une couverture, un coussin et des écouteurs nous attendent. Une quadragénaire, typée du pays d’arrivée, s’installe à côté de moi. Elle est vite en sandale. Ses copines, de l’autre côté, portent déjà un masque sur le nez et la couverture sur les genoux. Je me demande pourquoi ma voisine n’en fait pas autant. Puis c’est finalement à son tour. J’ai envi de retirer mes converses. J’y vais doucement, d’abord en délassant et en sortant les talons. Je ne veux pas créer d’incident diplomatique avant même d’être arrivé. J’attends les 10 minutes de renouvellement de l’air puis j’ôte une chaussure. Une odeur… pas forcément de moi, tout le monde se met à l’aise autour. Deuxième, là c’est sur c’est moi. Je suis content qu’elle porte déjà son masque.
Cette fois-ci, on a droit à un A340. Toujours à côté du hublot, je regarde l’aile qui est plus massive. Content. Mais en fait elle bouge quasiment de la même façon. Je zappe sur l’écran LCD. Je tombe finalement sur GI Joe. Le jeux d’acteur est aussi nul que les effets spéciaux détendent. Je coupe pour manger. Au menu, on a des pâtes avec des pommes de terre pas cuites. J’ai fait l’internat au CHRU, alors ça passe. Je me régale avec le camembert. Le reste, c’est film, Simpson, grignotage et repos.
On est à Tokyo presque à l’heure. Dans les couloirs, on croise un stand spécial pour ceux qui se sentent fiévreux H1N1, avec une caméra thermique. Pause douane – Pause bagage – Pause duty free. Je prends un billet pour la navette vers Yokohama et j’appelle Mami Suzuki (ma correspondante, qui a passé 3 mois dans mon service il y a 3 ans, au moment où j’y arrivait) pour la prévenir de mon arrivée. Je monte dans le bus de 10 heures, et prends la route pour la première fois au Japon.